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Immeuble de faubourg · 1780–1880

Cheminées et conduits anciens : souche fissurée, fumées qui refoulent

Quinze conduits en boisseaux dans les mitoyens, trois souches en brique, et une chaudière gaz raccordée à l'un d'eux

Des conduits adossés aux mitoyens

Chaque pièce avait sa cheminée. Les conduits, en boisseaux de terre cuite ou en briques enduites de plâtre, montent accolés aux murs mitoyens, groupés par trois, jusqu'aux souches en brique qui dépassent le toit. Certains servent encore : poêle, cheminée d'agrément, ou chaudière gaz raccordée. D'autres sont condamnés, ou le croit-on.

QuiSyndicat pour les conduits et souches (parties communes, sauf clause contraire) ; copropriétaires pour les foyers
Qui paieCharges communes
Urgencefaible
CoûtSans frais
ActionÉtablir un plan des conduits (quel conduit dessert quel lot, lesquels sont en service) à partir du règlement de copropriété et d'un repérage par fumigène.
TextesLoi de 1965, art. 3. Règlement de copropriété (affectation des conduits).

Une souche fissurée, des boisseaux qui fuient

La souche de droite, exposée au gel et aux fumées acides, est fissurée sur toute sa hauteur ; son couronnement est disloqué et une mitre penche. Plus bas, les joints des boisseaux se sont ouverts au 3e étage : le conduit n'est plus étanche, et les fumées communiquent avec le conduit voisin et avec les combles.

QuiSyndicat
Qui paieCharges communes
Urgenceforte
CoûtSécurisation de la souche (dépose des éléments instables) : 500 à 1 500 €
ActionFaire déposer les éléments instables et bâcher ; interdire l'usage des foyers raccordés à ce conduit jusqu'au contrôle.
TextesArt. 18 de la loi de 1965 (conservation). Code civil, art. 1242 al. 1 (chute d'éléments sur la voie publique ou chez le voisin).

Refoulement et monoxyde de carbone

La chaudière gaz du 2e est raccordée à ce conduit fuyard. Par temps froid et sans vent, les fumées refoulent : monoxyde de carbone dans la cuisine du 2e, odeur de gaz brûlé chez le voisin. Le monoxyde ne se sent pas ; il tue quelques dizaines de personnes par an en France, souvent dans des logements anciens.

QuiCopropriétaire du 2e pour son appareil ; syndicat pour le conduit
Qui paieCopropriétaire pour l'appareil ; charges communes pour le conduit
Urgenceforte
CoûtDétecteur de monoxyde : 20 à 40 € ; contrôle de l'appareil : 100 à 200 €
ActionFaire couper l'appareil raccordé, aérer, installer un détecteur de CO, faire contrôler la chaudière par un professionnel gaz.
TextesArrêté du 2 août 1977 (installations de gaz dans les logements) et arrêté du 22 octobre 1969 (conduits de fumée), à vérifier. Code de la santé publique, art. R1334-? (intoxications au CO, à vérifier).

Ramonage et contrôle de vacuité

Le ramonage est obligatoire, une à deux fois par an selon le règlement sanitaire, pour chaque conduit en service : c'est l'occupant qui le fait faire pour son foyer, le syndic pour les conduits communs. Le ramoneur contrôle aussi la vacuité et l'étanchéité au fumigène, et délivre un certificat. Sans lui, l'assureur peut refuser sa garantie.

QuiOccupants pour leurs foyers ; syndic pour les conduits communs
Qui paieChaque occupant ; charges communes pour le contrôle général
Urgencemoyenne
CoûtRamonage : 60 à 120 € par conduit ; test fumigène : 150 à 400 €
ActionOrganiser une campagne de ramonage et de contrôle de tous les conduits, avec certificats archivés ; identifier les conduits fuyards et condamner ceux qui doivent l'être.
TextesRèglement sanitaire départemental de Paris, art. 31.6 (ramonage, à vérifier). Code des assurances, art. L113-? (déchéance en cas de manquement, à vérifier). Décret du 26 juillet 2023 (ramonage, à vérifier).

Tuber ou condamner

Un conduit ancien qui doit encore servir se tube : un conduit inox flexible ou rigide est descendu dans le boisseau et raccordé à l'appareil, avec ventilation de l'espace annulaire. Les conduits qui ne serviront plus sont condamnés et ventilés. Pour la chaudière gaz, la solution la plus simple est souvent le passage en ventouse, sans conduit.

QuiSyndicat pour le tubage du conduit commun ; copropriétaire pour son appareil
Qui paieCharges communes ou copropriétaire utilisateur, selon le règlement et l'usage exclusif (à vérifier)
Urgencemoyenne
CoûtTubage : 2 000 à 5 000 € par conduit ; chaudière ventouse : 2 500 à 5 000 €
ActionDécider en assemblée de l'affectation des conduits ; tuber ceux qui restent en service ; les appareils raccordés doivent être compatibles avec le tubage.
TextesDTU 24.1 (fumisterie), pour référence. Art. 24 et 25 de la loi de 1965 selon la nature des travaux.

Reconstruire la souche

La souche est démontée jusqu'au bois sain du comble et remontée en briques pleines au mortier bâtard, avec un couronnement en béton débordant, des mitres neuves et un solin à sa base. Le couvreur profite du chantier pour vérifier les deux autres souches : le gel les attend aussi.

QuiSyndicat
Qui paieCharges communes générales
Urgencemoyenne
CoûtSouche : 4 000 à 12 000 € ; échafaudage ou nacelle en sus
ActionFaire voter la reconstruction avec vérification des deux autres souches et des solins ; prévoir l'accès (échafaudage sur rue ou sur le toit du voisin avec accord).
TextesArt. 24 de la loi de 1965. Code civil, art. 662 (travaux à proximité du mur mitoyen).

Bilan

Les conduits anciens sont des parties communes discrètes et dangereuses : une souche qui tombe, un conduit qui fuit, un appareil mal raccordé. Le syndic doit en tenir le plan, organiser le ramonage, et refuser tout raccordement d'appareil sans contrôle du conduit. Le détecteur de monoxyde coûte vingt euros.

QuiSyndicat, syndic, occupants
Qui paieCharges communes ; occupants pour leurs foyers
Urgencemoyenne
Coût8 000 à 25 000 € pour cet épisode
ActionCampagne annuelle de ramonage avec certificats, plan des conduits à jour, souches inspectées à chaque visite de toiture.
TextesRécapitulatif des textes cités.

Les montants sont des ordres de grandeur constatés à Paris ; les références juridiques sont indiquées à titre d'orientation et doivent être vérifiées avant toute décision. Ce contenu ne remplace ni un diagnostic technique ni un conseil juridique.

Pour approfondir

Les règles de décision pour les travaux sont présentées par l’ANIL : travaux et majorités en copropriété. Les mécanismes de dégradation sont documentés par l’Agence Qualité Construction.

Ces références complètent les scénarios ; elles ne valident pas les fourchettes de coût proposées.